Mon dernier blocus, le pire?

Hello !

Enfin les vacances pour moi, et ça fait du bien, vraiment ! Tant qu’on est en blocus et pendant les examens on ne s’en rend pas compte qu’on est à bout de force, mais une fois sorti de tout ça on voit qu’on est allé puiser loin dans son énergie !

Aujourd’hui j’écris cet article pour revenir sur le blocus qui vient de passer, et vous exprimer un peu mon ressenti. Je vais aussi répondre aux questions que vous vous posez sur cette période !

Dans cet article je vais vous exprimer mes ressentis, honnêtement, ce n’est pas l’article que vous devriez lire si vous cherchez de la motivation ou si vous vous demandez si médecine est fait pour vous, car clairement je risque de vous démoraliser et de vous faire peur. Mais j’estime que si j’ai ouvert ce compte, ce blog et tout le tralala, c’est aussi pour vous dire quand ce n’est pas rose, et quand c’est de trop.

Pour ceux qui ne sont toujours pas familiers avec le concept de « blocus » il s’agit en fait de la période de révision avant les examens (et non d’un blocus où on est pas content et où on bloque tout ahah). C’est le petit nom qu’on donne en Belgique, on l’appelle aussi « bloque ». Pour tout ce qui est « conseils » je vois renvoie à cet article que j’ai écrit il y a peu. Pendant le blocus il n’y a plus de cours si jamais vous vous posiez la question.

Alors pourquoi le pire ?

Cette année, je n’avais qu’un quadrimestre de cours, le « Q9 » pendant lequel j’ai eu mes derniers modules avant d’entamer les stages. J’ai passé mes examens du 7 au 14 janvier et j’ai eu 8 écrits et 1 oral, pour en tout 16 matières différentes. J’ai eu examen le lundi, mercredi, vendredi et lundi. Autant dire qu’en Belgique ce n’est pas coutume, normalement les examens sont +/- espacés et la session n’est pas si dense. Je dirais que c’est la grosse raison du pourquoi c’était si compliqué, et pourquoi je l’ai si mal vécu.

Le blocus c’était donc 23 jours de révisions pour 8 jours d’examens et plus de matière que jamais. En effet, c’est le plus gros quadrimestre de mes études, celui où la matière est très vaste, très détaillée et où il est difficile de faire de grosses impasses. 23 jours pour tout revoir c’était presque impossible, sans compter les 4 jours de retard que j’ai cumulé pendant le blocus et les cours indigestes que je devais apprendre.

Heureusement, les examens n’étaient pas difficiles, mais honnêtement, si le niveau avait été plus élevé, je sais que ce n’était pas le quadri que j’allais le mieux gérer.

Au delà du fait que la matière est énorme et que le temps manque, j’arrive à un stade où je ne supporte plus étudier autant, où étudier me donne envie de pleurer, où je me pose sans arrêt la question de pourquoi je fais ça, à quoi ça sert, et surtout je me dis tous les jours que je gâche ma vie à passer mon temps dans mes cours alors que je pourrais partir découvrir le monde. Mais je me dis aussi que je l’ai choisi, que j’ai la chance de pouvoir faire les études qui me font, ou m’ont fait rêver, et que j’ai le luxe de n’avoir que ça à faire sans devoir me soucier d’autre chose. Alors je mords sur ma chique et j’étudie, je travaille, et j’avance.

Honnêtement mon corps l’a très mal vécu, j’ai vu ses limites, mes limites.

Mais en sachant que c’était le dernier de cette sorte, je savais aussi que c’était une dernière étape avant un renouveau dans ma vie d’étudiante. Certes je vais encore devoir passer des heures à réviser, mais je vais enfin approcher la médecine pratique, et j’ai vraiment l’espoir que ça me redonne la flamme, qui pour le moment est éteinte.

Maintenant que c’est passé, je me dis que c’était « pas si pire » mais je sais tout de même que je viens de vivre un pic de stress énorme, un pic de fatigue physique et mental sans nom et que j’en ressors encore plus désarmée face à mes études.

Je suis depuis quelques temps vraiment perdue dans ce que j’ai envie de faire, et plus j’avance, moins j’ai envie, moins la médecine me fait rêver, et plus je me dis que rien ne va me plaire, plus rien ne va me passionner comme ça a pu être le cas. J’attends mes stages avec espoir que ça me redonne l’envie, mais honnêtement à l’heure actuelle, on me donne une porte de sortie autre, je la prends.

Ecrire cela m’apaise, parce que je le pense, très fort, mais je ne l’exprime jamais. Et le retenir en moi, ne fait qu’exacerber ce sentiment d’impuissance et d’inutilité que j’ai face à mes études. Je suis arrivée à un stade où penser à mes études me donne envie de pleurer, de tout plaquer. Je n’ai plus envie, et rester optimiste face à ça, c’est pas super facile tous les jours. Je me dis que c’est parce que je viens de vivre un blocus d’enfer, et que mes stages vont me redonner le goût de tout, mais voilà, j’en sors ébranlée.

D’ici quelques mois, j’espère que j’aurai retrouvé l’envie, les étoiles que j’avais dans les yeux en pensant à la médecine, et cette passion qui m’a poussée à me jeter dans ces études sans faire gaffe à mon mental.

Parce qu’il faut avouer, je le vis très mal, mais ce n’est clairement pas le cas de tout le monde. Je sais que je le vis aussi mal, car en plus de la pression qu’on nous met (beaucoup trop à mon avis), je me mets moi-même énormément la pression. J’ai besoin de faire de beaux points, s’en est devenu presque maladif, je le sais. Mais je n’arrive pas à m’en détacher. Et pourtant je suis la première à penser qu’un bon médecin n’est pas caractérisé par sa moyenne, que les aptitudes qui font qu’un médecin est bon ne sont pas des aptitudes mesurables par QCM ou questions ouvertes en écrit après un tel mois de pression !

Le fait d’avoir cette pression pour les spécialisations me fait du mal, vraiment. J’ai peur d’avoir investi 7 ans de ma vie pour qu’au final je ne puisse pas exercer le métier que j’aurai choisi à 100%. Parce que oui, peu importe la spécialisation je serai médecin, mais investir 7 ans de sa vie pour faire un truc qu’on aime qu’à moitié parce qu’on a pas le choix, je trouve ça profondément injuste, honteux et ça me désempare. Surtout quand on voit les pénuries énormes de médecins à l’heure actuelle… Et je pense que plus j’approche de la fin, plus ça me fait peur, et plus je vis mal mes études. Et je pense que si vous êtes un peu comme moi, vous passerez par là. Si c’est le cas, n’oubliez pas que vous n’êtes pas le seul !

Vos questions

Après cette auto-psychanalyse un peu longue (…) je vais répondre aux questions que vous m’avez posées sur le blocus. Si je ne réponds pas à votre question, c’est qu’elle trouve déjà sa réponse ailleurs, ici sur le blog, ou sur Instagram !

Mes horaires en blocus, pendant l’année, pendant les examens :
  • Pendant l’année je vais en cours, à tous si possible. Cette année j’avais cours les après-midi, donc j’étudiais le matin. Je n’étudie pas tous les jours, surtout en début d’année, mais plus on approche du blocus plus j’augmente mon temps de travail. Tous les jours je fais quelque chose (au minimum je vais en cours, au maximum j’étudie 4-5 heures en plus).
  • Le week-ends j’étudie au moins un jour complet, et cette année honnêtement j’ai travaillé mes cours presque tous les week-end et souvent les deux jours, à raison de 4-7 heures par jour. En me levant vers 8-9 heures et en terminant vers 18 heures.
  • En décembre j’allais à la bibliothèque après les cours pour encore étudier.
  • Pendant le blocus je me lève vers 8h00 et j’étudie à partir de 8h30-9h jusque 12h, puis je reprends généralement à 13h30 jusque 17h30. Ensuite j’étudie encore le soir pour boucler mon programme du jour, les horaires sont très variables, 19h30-22h si je dois faire une généralité.
  • Pendant les examens, si j’ai examen la journée, je me lève à 5h30 pour relire deux trois trucs, puis je quitte chez moi à 6h50 (j’avais examen à 8h30). En rentrant d’habitude je ne fais rien, mais cette année il y avait tellement à relire que j’étais obligée de travailler 1 à 3 heures en plus de mon examen. Les jours sans examens je me lève vers 7h30 pour bosser de 8h00 à 12h00, puis de 13h00 à 18h00, puis le soir pour terminer ce qu’il me reste à relire.
  • Vers la fin de la session j’étudie moins, je suis souvent très fatiguée donc j’arrête à 20h00 maximum.
  • Au niveau des pauses en blocus, je dirais que c’est souvent après un chapitre, au moins 5 minutes, et puis vers 10h30 une demi-heure, et 45 minutes vers 16h. Plus mes deux pauses repas, 1h00-1h30 à midi et 2h le soir.
Est-ce que j’étudie toute l’année ou juste en blocus ?

C’est honnêtement impossible de n’étudier, ou surtout de ne travailler, qu’en blocus et d’aller sereinement aux examens. Il y a tellement de matière que 23 jours pour tout voir c’est impossible. Personnellement si je n’étais pas passée d’abord une fois sur ma matière je sais que c’est improbable que je révise tout en 23 jours.

Donc oui je travaille toute l’année. Je n’étudie pas tel quel pendant l’année, je « remets mes cours en ordre ». Cette notion vous perturbe souvent. Pour moi remettre mes cours en ordre ça veut dire quoi? Quand je vais en cours, je prends note à l’ordinateur, c’est très moche, car je tape très vite tout ce que le prof dit, sans aucune mise en page potable. En rentrant chez moi, ou à la bibliothèque, je remets ça au propre, soit sur un cours déjà fait de l’année précédente d’un autre étudiant (ce que j’ai majoritairement fait cette année) ou alors je remets en page mon fichier pour que ce soit clair, complet, et « étudiable ». Ce n’est donc pas vraiment de l’étude pure, mais je passe sur ma matière après avoir écouté le cours. Je retiens déjà pas mal d’informations en faisant ça.

Ensuite je n’ai juste PAS LE TEMPS d’étudier plus pendant l’année, remettre en ordre correctement tous mes cours me prend déjà assez de temps. Donc j’étudie vraiment (en étant assise devant mes feuilles comme on se l’imagine) uniquement en blocus. Mais au final cette étude, c’est mon 3ème abord de la matière ! Ensuite je relis à la fin du blocus et entre les examens, donc au total je passe 4 fois sur la matière, chaque fois de manière différente.

Comment gères tu le stress ?

JE NE LE GÈRE PAS. Clairement vous pouvez demander à quiconque me connait, je suis une boule de stress ambulante, anxieuse et mon corps en pâti énormément. Je ne sais rien avaler de solide en blocus, je perds donc d’office du poids. Je fais des chutes de tension tellement je mange peu. Je dors, mais très mal, je fais beaucoup de cauchemars, du reflux, des crampes musculaires, bref je suis le parfait sujet stressé qui somatise tout. Je le sais, je sais que je suis comme ça, et je n’ai pas de solution.

Je suis allée voir un hypnothérapeute, ça m’a fait du bien, car j’arrive à contrôler mes émotions, ce qui n’était pas possible avant, mais je suis toujours super stressée.

Donc je ne vais pas vous donner des conseils pour le stress, car moi même je ne sais pas gérer le mien !

On m’a demandé si je prenais des compléments alimentaires pour le stress, type magnésium et autre. Alors oui, je prends du Grintax, à partir de novembre et avril, depuis l’an passé où j’ai fait une sorte de burn out (c’est quand même fou l’état dans lequel on se met pour des études hein). Je ne sais pas si ça fonctionne, mais ça ne fait pas de mal.

Comment être plus productif, moins déconcentré ?

Alors encore une fois, il faut remettre les pendules à l’heure. Il n’y a PAS DE RECETTE MIRACLE. Ca doit venir de vous, c’est vous qui décidez, c’est vous qui travaillez.

Personnellement je mets mon téléphone dans une autre pièce de la maison, et je vais dessus uniquement quand je fais une pause. J’étudie dans ma chambre pour éviter les distractions, et quand je fais une pause je sors de l’endroit où j’étudie, pour aérer mon esprit.

Je pense que chacun doit trouver des « trucs et astuces » qui lui conviennent, tout le monde n’étudie pas de la même manière, ni au même endroit, ni à la même vitesse ou fréquence. Si votre truc c’est d’étudier de 12h00 à 2h00 du matin, faites le, ne vous calquez pas sur les autres, trouvez votre rythme, c’est le meilleur conseil je pense pour être productif.

Pour augmenter sa productivité, personnellement je trouve qu’un planning aide beaucoup. Ca permet de voir ce qu’on a déjà fait, ce qu’il reste à faire,… Mais encore une fois, ça peut ne pas vous convenir (même si je pense que ça peut s’adapter à tous).

Un dernier truc, c’est de ne pas oublier que ce sont VOS études, pour VOTRE avenir, vous l’avez choisi, alors si vous voulez réussir et que c’est vraiment votre envie, c’est à VOUS de faire en sorte de le faire, rien de ce qu’on pourra vous dire ou vendre comme recette magique ne fonctionnera tant que ça ne vient pas de vous. Même si je sais que c’est justement le plus difficile.

Quelle vie j’ai pendant le blocus, niveau social, sport,… ?

Ma vie se résume à étudier, honnêtement. J’étudie et je dors (vu que je mange très peu ahah). Je vois très peu mon copain, presque jamais mes amis, je m’octroie juste le 24/12 au soir, et le 25/12 au matin.

Je ne fais pas de sport en blocus, je n’en ai pas envie c’est tout (du coup je ne me force pas).

Je sais que c’est pas « cool » mais honnêtement je ne pense qu’à étudier et faire d’autres choses sur le côté me stresserait plus qu’autre chose.

Comment je tiens la fatigue ?

Alors, je passe au moins 7-8h dans mon lit. J’en dors moins, car je fais énormément de cauchemars qui me réveillent, ou j’ai du mal à m’endormir. Mais je reste dans mon lit, pour reposer mon esprit.

Je ne fais rien de particulier pour la fatigue, parfois des mini siestes le matin quand je suis vraiment trop down pour étudier efficacement.

Mais honnêtement je suis sur les rotules là tout de suite, je ne rêve que d’une chose dormir, mais je n’ai pas envie car 17 jours de vacances je voudrais les mettre à profit pour avoir une vie autre que la médecine !

Vous m’avez beaucoup demandé des conseils pour combattre la fatigue, à part faire des siestes et dormir quand le besoin s’en fait sentir (parce que la fatigue c’est un signal du corps pour dire qu’il FAUT dormir), je ne peux pas vous aider plus.

Où je fais mon blocus ?

J’étudie chez mes parents, tout le blocus. Je reste en pyjama toute la journée, avec mon chignon horrible sur la tête et ça me va très bien. Me préparer pour aller en BU, avoir toute l’agitation autour de moi, c’est juste pas possible.

Est-ce que j’ai déjà laissé tomber un cours, des chapitres ?

Je n’ai jamais signé un examen (= signer sa présence mais ne pas répondre aux questions, ce qui signifie d’office le re-présenter en seconde session). Ce n’est clairement pas dans ma mentalité de laisser tomber avant d’au moins essayer. Et surtout, je tiens énormément à mes vacances, savoir que je m’ampute d’une partie de mes jours de congés par choix, ça me rendrait malade.

J’ai déjà laissé tomber des choses, mais plutôt dans la manière de l’étudier, je lis d’office tout une fois au moins, je vais à tous les cours (ou je ré-écoute ceux que j’ai manqués) et je remets tout en ordre, donc j’ai d’office vu la matière une fois complètement. Mais j’ai déjà étudié moins des chapitres si ils sont moins importants. Surtout en 3ème année, au Q6. En 5ème année c’était plus compliqué de faire des choix de ce type, j’ai presque tout revu assez profondément.

Comment je me prépare pour mon oral ?

Alors cette question est plus spécifique pour ma Faculté à Liège, car nous avons après tous nos écrits, un oral « intégratif » qui reprend toute la matière vue. Ce sont des cas cliniques, avec un jury de 2-3 professeurs selon l’année.

Généralement je refais les cas cliniques (on appelle ça des vignettes), des années précédentes, et je base mes relectures là dessus. Je ne vais pas revoir tous mes cours, c’est impossible. En refaisant les vignettes je balaye tout ce qui peut tomber à l’oral +/-. J’ai toujours fait comme ça depuis la 2ème et ça a toujours bien fonctionné !

Avant mon oral j’étudie moins, plutôt de 9h00 à 12h00, puis de 14h00 à 17h00 et un peu le soir !

J’espère que cet article aura pu éclaircir des choses pour vous, que ça ne vous démotivera pas, et que vous trouverez en cet article plutôt un « vous n’êtes pas seul » si vous avez du mal avec vos études, et qu’elles vous bouffent totalement. A bientôt pour quelque chose de plus motivant j’espère ! XOXO
Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

You are commenting using your WordPress.com account. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

You are commenting using your Google account. Déconnexion /  Changer )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

You are commenting using your Facebook account. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s