Mon stage en gynécologie

Hello !

Je vous retrouve pour discuter de mon stage en gynécologie, en effet le mois de mai pour moi était synonyme de gynécologie et obstétrique ! Je reviens sur ce mois, qui ne m’a pas laissé indifférente…

Une petite précision par rapport à la France, en Belgique la spécialité de gynécologie-obstétrique est une spécialité unique. Il n’y a pas deux spécialités (gynécologie obstétricale et gynécologie médicale) comme en France !

L’organisation du stage

J’étais en stage dans un grand hôpital liégeois, qui possède un gros service de gynécologie-obstétrique avec un MIC et un N* (service de grossesses à risque et service de néonatalité). J’ai donc vu de gros cas et des cas très variés.

Par contre nous étions 12 stagiaires, chaque jour un rôle nous était attribué. On se répartissait entre :

  • Les urgences gynécologiques
  • Les deux blocs opératoires
  • Le bloc d’accouchement
  • Le MIC (Maternal Intensive Care = Suivi des grossesses à risque)
  • Les salles d’hospitalisation (2 maternités, 1 salle de gynécologie)
  • Les consultations

Personnellement je suis allée beaucoup aux urgences, en salle d’hospitalisation et en consultations.

Le service tourne avec des gynécologues mais surtout grâce aux assistants (= internes), qui doivent assurer tous les posts cités ci-dessus. Honnêtement, ils sont overbookés et j’admire le fait qu’ils soient en forme tous les jours :’) !

Chaque matin à 8h30 nous avions une réunion ( = Colloque) pour décrire tous les cas qu’il y avait eu pendant la nuit (les accouchements, les urgences hospitalisées et les patientes hospitalisées au MIC), c’est une sorte de transmission.

Le mercredi matin, la réunion commençait à 7h45 avec un petit déjeuner offert par une firme pharmaceutique et une présentation scientifique par un assistant ou un des gynécologues.

Tout au long de la semaine d’autres réunions avaient lieu, on pouvait y assister (réunion de médecine foetale, de grossesse à risque, COM de sénologie,…)

Mon rôle en stage

  1. Aux urgences : J’accueille les patientes, je fais leur anamnèse complète, l’examen clinique basique (abdomen – cardio-thoracique – cutané) mais pas gynécologique. Je prescris les premiers examens complémentaires (prise de sang et analyse d’urines). Ensuite j’en discute avec l’assistante qui vient ensuite voir la patiente, on réalise la suite de la prise en charge à deux. Examen gynécologique, échographie endovaginale, frottis,… On peut faire beaucoup de choses si on a envie, si la patiente veut bien et si on est volontaire, j’ai appris beaucoup lors de mes passages aux urgences !
  2. En salle d’hospitalisation : Préparer les papiers de sortie, aller voir les patientes et leur expliquer les consignes de sortie et voir comment elles vont. Faire le tour de la salle pour voir comment vont les patientes qui ne sortent pas encore, remplir les dossiers informatisés. Répondre aux questions des patientes. Parfois placement d’un Implanon° si on a de la chance !
  3. Au bloc d’accouchement : On peut suivre le travail des dames qui vont accoucher par voie basse, pour ensuite assister à l’accouchement avec l’accord des deux parents (#magique). Pour les césariennes on sert surtout à écarter la vessie du champ opératoire et… à couper le cordon ombilical ! Mes premiers accouchements étaient lors d’une de mes gardes, j’avais décidé de rester éveillée toute la nuit pour assister à tout, j’avoue j’ai versé une larme au premier magnifique bébé que j’ai aperçu… :’)
  4. Au bloc opératoire : On aide les gynécologues et les assistants, surtout en sondant la patiente, plaçant la voie basse et mobilisant la voie basse lors de l’opération (voie basse = instrument mis dans le col de l’utérus pour mobiliser l’utérus lors de l’opération). Au bloc opératoire on voit plein de choses différentes, des GEU, des torsions d’ovaires, des hystérectomies, cure d’endométriose, ligature tubaire, promonto-fixation,…
  5. Au MIC : On fait le tour de salle avec les médecins, on va voir les patientes, on remplit les dossiers informatisés, honnêtement c’est l’endroit où on est le moins utile ! Mais on voit des patientes avec des grossesses très particulières !
  6. En consultation : On assiste aux consultation d’un gynécologue, selon le médecin il nous laisse faire très peu ou tout l’examen de la patiente (et bien sûr en accord avec la patiente). On peut donc faire le toucher vaginal, la mise en place du spéculum, les frottis, l’échographie endovaginale,… Et on voit plein de pathologies variées !

Mon avis sur le stage

Si vous n’avez pas encore compris… Je suis tombée en amour avec la gynécologie. Alors même si l’organisation interne du stage n’était pas top, j’ai ADORÉ mon stage, j’ai appris plein de choses, j’ai eu des étoiles plein les yeux tout au long du mois, et ça me manque énormément !

J’ai rencontré des patientes en détresse, et pourtant très accueillantes avec moi qui suis uniquement stagiaire. J’ai assisté à des moments de vie tellement forts… Et j’ai trouvé la spécialisation qui me fait rêver !

L’examen de gynécologie et le travail de fin de stage

Pendant mon stage, je devais réaliser un « TFS » = travail de fin de stage. De plus à la fin du mois, j’avais un examen oral de gynécologie.

C’était assez complexe d’arriver à aller en stage, étudier, trouver un cas intéressant pour le travail, faire des recherches scientifiques pour le TFS, l’écrire et le rendre à temps…

J’ai fait mon TFS sur une torsion ovarienne récidivante sur ovaire fixé, c’était un sujet super intéressant à explorer ! J’ai appris beaucoup en faisant toutes mes recherches.

Mon examen consistait en un oral avec une gynécologue, elle m’a posé une question sur mon TFS, une question théorique sur les infertilités, et un cas clinique (patiente se présentant chez son gynécologue pour règles abondantes, que faire). C’était assez folklorique vu que j’étais de garde 24h le jour avant cet examen ! On verra aux résultats !

Clichés sur la gynécologie

  1. La vie est dure/On a pas de vie : OUI et NON ! En tant qu’assistant, la vie est folle est remplie au maximum, ça c’est sûr. Mais ensuite ça dépend de la pratique que l’on choisit, si on fait beaucoup d’obstétrique ou non, si on travaille en hôpital ou en privé… Donc c’est du 50/50 et surtout on a la vie qu’on choisit !
  2. Les stagiaires garçons passent leur journée dans le couloir : Non, et OUI. Ca dépend de la personne je pense, et du gynécologue qu’ils accompagnent. Si c’est un gynécologue homme, généralement les patientes n’ont pas de souci avec le fait que le stagiaire soit un garçon, par contre c’est vrai que si le stagiaire suit une gynécologue femme il passe une partie de son temps dans le couloir… Ca dépend aussi du stagiaire je pense !
  3. Il faut s’épiler pour aller chez le gynécologue : NON, on s’en fout, on s’en CONTRE-FOUT !! Un gynécologue est un médecin, il ne juge pas votre pilosité (qui de plus est, est naturelle et n’est pas là par hasard !!!) Donc pas de souci sur votre pilosité, jamais ça ne posera problème, venez comme vous êtes, et plus détendue vous serez, moins désagréable ça sera. De la même manière qu’il n’est pas grave d’avoir ses règles lors de votre visite gynécologique. Ca n’empêche pas un toucher vaginal ni une échographie. Par contre il est vrai que la visualisation du col de l’utérus est différente.
  4. On est face à beaucoup de mauvaises odeurs : Alors personnellement, je n’ai pas eu beaucoup de patientes qui sentaient mauvais, vraiment. Et quand bien même, c’est encore une fois le métier de médecin de faire face à ça, certaines pathologies font en sorte que les pertes vaginales sentent mauvais, c’est le métier du gynécologue de déceler cela et de proposer un traitement à la patiente, sans pour autant apposer un jugement !
  5. On peut rencontrer des problèmes d’abus des patientes : Alors ça, ça dépend du gynécologue. Personnellement quand j’examine quelqu’un que ce soit un examen abdominal, thoracique ou gynécologique, je demande toujours l’accord du patient, et je préviens quand je commence. Beaucoup de gynécologues que j’ai suivis ce mois de stage fonctionnaient de la même manière. Maintenant, comme partout, on est pas à l’abris de tomber sur un con, un connard ou un malade.. Mais personnellement je n’en ai jamais vu, et je pense qu’une relation de confiance est d’abord primordiale à créer avec son gynécologue avant de se laisser examiner, n’oubliez jamais que vous êtes maitre de votre corps !!
  6. Les sages femmes sont relayées au second plan : Alors pour ça j’ai un avis qui ne va peut-être pas plaire à tout le monde. Personnellement en tant que stagiaire, je suis tombée sur des crèmes de sages femmes, mais aussi sur de vraies méchantes ! Certaines n’hésitent pas à être désagréables avec nous stagiaires médecins, une sage femme m’a clairement dit qu’elle ne trouvait pas ça normal qu’on soit dans le service et que si ça dépendait d’elle, on sortirait du service à coup de coups de pied au cul… Alors bien sûr par de généralités, comme partout il y a des personnes géniales, et des personnes frustrées, mais honnêtement en tant que stagiaire médecin on est souvent rabaissé-ignoré ou dénigré par les sages femmes, dans l’hôpital dans lequel j’étais en tout cas. C’est aussi parfois la même chose avec les infirmières. Alors est-ce que justement c’est parce qu’elles se sentent dévalorisées par les médecins qu’elles nous font passer ce type de messages pendant qu’on est encore considérés comme du plancton? En tout cas je trouve cela contre-productif… On va tous travailler ensemble, autant être tous super sympas les uns envers les autres. Pour ce qui est du rôle des sages femmes vs. celui du gynécologue, je pense qu’il est complémentaire. Une sage femme suit d’une manière différente la patiente que le gynécologue, elle aborde aussi l’accouchement d’une manière différente. Le médecin par définition sert à accompagner le patient dans une histoire de maladie, donc est plus apte à réagir et à agir quand la situation devient pathologique, ce qui n’est pas le rôle d’une sage femme. De mon point de vue, une grossesse bien suivie est suivie par une sage femme sur le fond, et par le gynécologue pour les points médicaux, l’accouchement se fait en collaboration et de cette manière ça se passe bien pour la patiente et pour l’enfant.

Conclusion

Comme vous l’aurez compris, je suis amoureuse de la gynécologie et j’ai adoré mon stage. Mes stages à choix seront donc choisis avec l’optique de présenter le concours de gynécologie.

N’hésitez pas si vous avez des questions sur cette spécialité, si j’ai dit des bêtises à vos yeux dans cet article,…
xoxo
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